Audience UPE2A
Publié; le 3 juillet 2018 | snudi FO

Audience UPE2A :

élèves non-francophones et rigueur budgétaire

A l’initiative du Snudi-FO86 (courrier en PJ), une délégation d’enseignants, accompagnée également du SNUipp86-FSU a été reçue le lundi 18 juin à la DSDEN afin de porter la demande de création d’un quatrième poste UPE2A sur Poitiers (dispositif pour les élèves non francophones, et primo-arrivants). Cette délégation a également porté les demandes de nos collègues adjoints accueillant ces élèves dans leur classe, et notamment de bénéficier de formations spécifiques sur le temps de travail.

La délégation, composée de deux collègues enseignantes sur le dispositif UPE2A et une adjointe classe de l’école C. Perrault de Poitiers, a déploré de ne pas être reçue directement par le DASEN, mais par l’IEN-A M. Artaud, chargé de mission du dispositif UPE2A. Ce n’est pas ce qui avait été demandé : nos collègues voulaient faire connaitre au DASEN personnellement et directement, sans intermédiaire, l’état du dispositif UPE2A.

FORMATION A DESTINATION DES ADJOINTS CLASSE :

L’IEN-A a répondu sur le point de demande de formation : des animations pédagogiques au choix ont été inscrites sur le plan de formation des 18h.

FO se félicite de la prise en compte de la demande, mais déplore la faiblesse de la réponse en comparaison des besoins.

FO demande une véritable formation sur le temps de classe.

L’E.N. NE RESPECTE PAS SES OBLIGATIONS :

La délégation a insisté sur le manque de moyens du dispositif UPE2A sur Poitiers et Grand Poitiers : les élèves non francophones n’ont pas les 9h par semaine prévus par la réglementation.

L’IEN-A répond que cela arrive : « Dans les écoles on ne fait pas toujours le nombre d’heures d’EPS qu’on devrait faire ».

Les collègues accueillant des élèves non-francophones dans leur classe constatent des prises en charge au mieux de 3h/semaine, et rarement davantage.

Cela pénalise l’apprentissage de la langue par ces élèves et cela nuit donc à leur intégration, et hypothèque leur avenir scolaire.

Les enseignants du dispositif UPE2A déplorent les difficultés à mener leur mission dans l’intérêt des élèves, faute de moyens suffisants alors que « avec 9h par semaine et par élève on sait que ça change tout ! ».

En réponse l’IEN-A a indiqué que le DASEN est bien conscient de la nécessité d’un poste supplémentaire, mais il a rappelé le contexte budgétaire, et la dotation nulle du département pour la rentrée prochaine.

Il a renouvelé la proposition de « travailler ensemble » à modifier l’organisation du dispositif : en somme, bricoler en dessous des 9h prévues par la réglementation, faute de moyens supplémentaires pour permettre de dimensionner le dispositif à hauteur des besoins.

Commentaire FO : Les proclamations sur l’accueil des migrants, tant de l’Union Européenne que du gouvernement français, se heurtent à leurs politiques de réductions budgétaires et de démantèlement des services publics.

CREATION D’UN PÔLE COURONNERIE A C. PERRAULT

L’IEN-A a déploré le refus des enseignants de l’école C. Perrault de Poitiers d’accueillir à temps complet dans leur classe tous les élèves non-francophones des Couronneries, où il propose leur regroupement et l’implantation d’un Pôle UPE2A à mi-temps.

Il a reconnu un problème de présentation de cette proposition faite aux collègues de cette école. Il a indiqué que si les collègues acceptaient cela permettrait de donner 9h de dispositif UPE2A par élève et par semaine.

Il a vanté les progrès que cela permettrait pour les élèves s’ils avaient 9h… tel que prévu par la circulaire.

L’IEN-A a tenté une nouvelle fois de minimiser les besoins. Il a indiqué qu’il ne s’agissait de scolariser sur C. Perrault à la rentrée prochaine, que 2 élèves non-francophones supplémentaires. La délégation a répondu que le nombre d’élèves non-francophones supplémentaires qui irait à C. Perrault serait d’après nos remontées plutôt de 8, qui s’ajoutent aux 11 déjà accueillis. L’IEN-A n’a pas démenti. Cela porterait donc à 19 le nombre d’élèves non-francophones scolarisés à temps plein à C. Perrault.

La délégation a mis en doute la possibilité de réellement mettre 9h par élève sur ce Pôle sans la création du 4ème poste.

FO a fait connaître avec la collègue le refus des enseignants de l’école de voir se concentrer les difficultés sur leur école et s’empiler les dispositifs :

  • l’école comporte déjà une ULIS avec donc de nombreuses inclusions,

  • l’arrivée de ces nouveaux élèves se faisant à moyens constant c’est une hausse des effectifs par classe qui s’ajoute à celle provoquée par le dédoublement des CP,

  • l’école classée en REP accueille déjà un public fragile et des élèves confrontés à de nombreuses difficultés.

Un tel cumul est préjudiciable aux conditions d’enseignement et menace la réussite des élèves de l’école.

Etrangement notre hiérarchie qui prône, dans le cadre de la scolarisation des élèves en situation de handicap, la fermeture de nombreuses structures spécialisées et le tout inclusif en milieu ordinaire, « afin de ne pas maintenir des ghettos », ne semble pas dérangée dans le cas de l’accueil des élèves non francophones de concentrer toute la difficulté sur une même école de quartier.

L’IEN-A a indiqué aux collègues de C. Perrault qu’ils peuvent refuser le Pôle (et le regroupement de tous les élèves non francophones des Couronneries), mais qu’ils ne viennent pas dans ce cas s’étonner s’ils n’ont que 3h par élève et par semaine, car il n’y en aura pas plus (!).

Il répond qu’il implantera dans ce cas le Pôle dans une autre école. Mais étrangement il refuse de scolariser à temps plein les élèves non-francophones de C. Perrault sur cet autre Pôle… Il s’agit donc d’une « offre » à sens unique, et nous avons souligné cette forme de chantage : faute de création du 4ème poste, il n’est pas donné 9h par élève, et il s’agirait de nouveau de bricoler avec les moyens insuffisants donnés, élèves comme enseignants devant de nouveau pâtir du manque de poste.

La délégation propose que les élèves des autres écoles des Couronneries soient scolarisés dans leur école de quartier, mais se regroupent comme à T. Lainé sur le Pôle Perrault uniquement sur le temps UPE2A. Cela nécessite comme dans les Trois Cités la mise en place et la prise en charge de parcours piétonnier par la Mairie de Poitiers. L’IEN-A indique le refus de la Mairie de mettre en place un nouveau dispositif piétonnier, mais il propose de poursuivre la discussion sur cette hypothèse avec la Mairie.


Commentaire FO : FO continuera à porter la demande de création d’un quatrième poste UPE2A dont la nécessité n’est mise en doute par personne.

Lire aussi en PJ la déclaration commune FO, UNSA, FSU/CGT et SNALC au CTSD du 11 juin.

cale




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