Rythmes Scolaires : le Snudi-FO86 ne siègera pas au Comité de suivi - Courrier au DASEN
Publié; le 15 janvier 2016 | snudi FO

Cher(e)s collègues,


Vous trouverez ci-joint le courrier adressé au DASEN concernant son invitation à siéger ce jeudi 14 janvier au Comité de suivi départemental de la réforme des rythmes scolaires.


Le Snudi-FO86 y a siégé à de nombreuses reprises. Nous avons pu constater que ces réunions servent aux représentants de l'Education Nationale et de l'Etat à se décerner un auto-satisfecit.


Ces réunions ne servent nullement à discuter des problèmes posés par cette réforme. Les problèmes réels portés dans ce Comité sont systématiquement ignorés quand ils ne sont pas traités par le mépris.


Nous vous invitons à diffuser largement ce courrier au DASEN et continuer à nous faire remonter les problèmes posés par cette réformes, les atteintes à notre statut venant aussi bien de la part de la hiérarchie que des municipalités.



Le Snudi-FO appelle les enseignants des écoles à se mettre en grève le 26 janvier, pour le retrait de la réforme des rythmes scolaires, pour obtenir des moyens supplémentaires, contre les fermetures d'écoles. Le Snudi-FO86 se joint à l'appel à la grève des organisations de fonctionnaires FO, CGT, et Sud pour la revalorisation de nos salaires.


Nous nous associons également aux 15 organisations syndicales du secondaire demandant le retrait de la réforme du collège, réforme qui est dans le secondaire la transposition de la réforme des rythmes scolaires du premier degré.


Rejoignez le Snudi-FO86 pour 2016 avec le bulletin d'adhésion en pièce jointe : plus nous sommes nombreux, plus nous sommes fort pour défendre nos revendications.


Syndicalement.


Fabien Vasselin

Secrétaire départemental


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Poitiers, le 13 janvier 2016


Objet : le SnudiFO ne siègera pas au Comité de suivi de la réforme des rythmes scolaires




Monsieur le Directeur Académique,



J’ai l’honneur de vous informer que le Snudi FO ne siégera pas lors du comité de suivi de la réforme des rythmes scolaires du jeudi 14 janvier.



Pour Force Ouvrière, siéger dans ce comité reviendrait à s’associer à la mise en place d’une réforme dont l’immense majorité des personnels demande l’abrogation.



Nous y avons siégé plusieurs fois et avons pu constater que ces réunions servent aux représentant de l'Education Nationale et de l'Etat à se décerner un auto-satisfecit.



Ces réunions ne servent nullement à discuter des problèmes posés par cette réforme. Les problèmes réels portés dans ce Comité sont systématiquement ignorés quand ils ne sont pas traités par le mépris.



A l'avance, nous savons que les points suivants ne seront pas traités, que cette réunion ne servira pas à les discuter, et encore moins à y chercher une solution :

- A quantifier le nombre d’écoles dans lesquelles des problèmes sont apparus dans l’application de la réforme des rythmes.

- A chercher des solutions pour les problèmes d’occupation des classes lors des TAP entravant le travail des enseignants.

- A chercher des solutions partout où les enseignants sont malmenés, partout où ils voient leurs conditions de travail se dégrader du fait des collectivités locales.

- A évoquer les problèmes de sécurité des enfants, notamment dans le cadre du plan Vigipirate, alors que les directeurs s’évertuent, sans aucun moyen à gérer la sécurité des élèves durant les horaires scolaires, et que certaines écoles sont ouvertes à tous vents durant les TAP.



En effet s'il était possible de discuter réellement des problèmes posés par cette réforme, ces réunions aboutiraient à la conclusion que cette réforme doit être retirée. Conclusion que font la majorité de nos collègues, de nombreux parents d'élèves et de nombreux élus.



Force Ouvrière continue de revendiquer l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires et le retrait de la loi d’orientation du ministre Vincent Peillon.



Après plus de deux ans de cette contre-réforme, nous pouvons déjà dresser un premier bilan.



> Tout d’abord concernant les conditions de travail et d'enseignement :


- Les collègues qui habitent loin de leur lieu de travail et qui effectuent une journée supplémentaire ont des frais de déplacements importants, de même que les frais supplémentaires de garde d’enfants. Comment cette perte de salaire est-elle compensée alors que nos salaires sont gelés depuis 2010, et que notre salaire net baisse de nouveau de 0,40% au 1er janvier ?


- Le travail tous les mercredis matins introduit le travail les mercredis après-midi ou tard le soir pour les animations pédagogiques et autres réunions. C’est notre vie familiale qui est attaquée, ce sont des temps de préparation ou de repos en moins qui rendent l'exercice de notre mission encore plus compliquée. La santé des agents en pâtit. Conséquence également, la mise en place du "télé-travail" avec Magistère, formation au rabais, outils de flicage de nos collègues, qui constituent une intrusion dans la vie privée des agents.


- Le temps de présence des enseignants et des élèves a largement augmenté avec dans de nombreux cas une augmentation du temps de pause du midi. Les conditions d’accueil périscolaire déjà difficiles sont donc encore détériorées avec les conséquences évidentes pour la reprise en classe l’après-midi. Les horaires imposés différents d'une école à l'autre, d'une journée à l'autre ont du mal à résister bien longtemps à l'argument avancé par le Ministre en 2012 qu'il en va de "l'intérêt de l'enfant" et de ses "rythmes chrono-biologiques". Les horaires subis aujourd'hui par les uns et les autres ne répondent qu'à l'obligation d'application des décret Hamon-Peillon et aux difficultés rencontrées par les communes à les mettre en œuvre.


- Alors que vos prédécesseurs ont de nombreuses fois argumenté du nombre réduit de moyens qui leurs sont alloués par le Ministère afin de justifier des fermetures de classes, et même d'écoles, ou encore justifier de ne pas ouvrir dans des écoles aux effectifs élevés, nous constatons que cette réforme a un coût important en terme de moyens en ce qui concerne les compléments de temps partiels et de décharges de direction : de nombreux collègues ont des temps de service inférieur à 100%, différence qui est "comblée" par des affectations sur des bouts de postes de ZIL. Cet aspect de la réforme démontre si c'était nécessaire que ses conséquences n'ont pas été mesurées : en attendant ce sont chaque jour des classes surchargées et des classes sans enseignants. Enseignants et élèves font les frais de cette gabegie induite par la réforme.


- La mise en place de cette réforme dans notre département a créé une situation de désordre, notamment en ce qui concerne les temps partiels, les compléments de temps partiel et les décharges de direction :


- Des directeurs subissent une perte d'une partie de leur décharge de direction.


- Certains de nos collègues sur postes fractionnés se retrouvent contraints à faire ZIL dans des proportions variables, envoyés remplacés dans des conditions souvent d'autant plus difficiles qu'ils ne sont pas précisément remplaçants, et que ces remplacements sont souvent prévus à la dernière minute.


- Des collègues à temps partiel se voient imposer des quotités qu'ils n'ont pas demandé, entraînant une perte de salaire, et parfois même une perte de leurs droits au complément d'activité versé par la CAF.


- Les droits des titulaires remplaçants ont été modifiés, et contrairement aux promesses qui ont été faites à différentes reprises par votre administration, les heures supplémentaires effectuées ne sont que rarement restituées : cela contraint nombre de ces collègues à travailler gratuitement.


- Des locaux scolaires qui doivent être partagés avec le périscolaire avec toutes les conséquences que cela implique pour les enseignants : contraintes liées au matériel, interdiction de rester dans la classe pour les corrections ou les préparations, bruit dans les locaux, ménage des salles de classe qui ne peuvent être fait. A quoi s'ajoute, dans de nombreuses écoles maternelles, la perte d'heure de présence des ATSEM sur le temps de classe.



> Ensuite concernant la territorialisation de l'école :


La réforme des rythmes scolaires est en réalité l'écran de fumée utilisé pour faire passer une territorialisation de l’école dont les enseignants comme les parents d'élèves ne veulent pas. Elle prévoit la mise sous tutelle des enseignants par les communes et les communautés de communes par le biais des Projets Educatifs Territoriaux (PEDT) dont les enseignants, dans la plupart des cas, ne décident même pas du contenu. C’est une attaque sans précédent du cadre national de l’école de la République qu’on transforme en une « école des territoires ». Charge est confiée aux territoires de porter avec ces PEDT les "ambitions éducatives" auxquelles l'Etat renonce.



Jusqu’à présent l’ambition éducative était une ambition nationale. Pour la satisfaire, ont été conquis des services publics nationaux, transmettant des programmes nationaux, délivrant des diplômes nationaux reconnus dans des conventions collectives et des statuts nationaux.


Le principe fondateur de cette organisation était d’assurer une égalité de traitement à tous les élèves puis à tous les salariés sur tout le territoire de la République.


Pour Force Ouvrière, il ne revient à aucune subdivision territoriale d’imposer aux citoyens, à leurs enfants, aux personnels chargés de les instruire, des « ambitions éducatives», ou des "projets éducatifs territoriaux" qui exerceront une pression dislocatrice sur l’école de la République et à terme sur les droits des salariés et des citoyens.


D’ailleurs, concernant les communes, hormis quelques baronnies locales, fort peu revendiquent cette «ambition». Les maires, dans leur immense majorité, ne font que subir la volonté de territorialisation du gouvernement.



Nous sommes fonctionnaires d’Etat de l’Education Nationale et nous voulons le rester. Nous ne voulons pas de l’école des territoires, des expérimentations locales, des remises en cause de nos statuts nationaux, de nos droits collectifs. Nous n’acceptons pas l’allongement du temps de présence, le travail imposé le mercredi après-midi ou le soir, la remise en cause de nos conditions de vie et de travail.



Monsieur le Directeur Académique, nous vous demandons de transmettre le message à Madame la Ministre. Le Snudi-FO appelle les enseignants des écoles à se mettre en grève le 26 janvier, pour le retrait de la réforme des rythmes scolaires, pour obtenir des moyens supplémentaires, contre les fermetures d'écoles, pour la revalorisation de nos salaires. Nous nous associons également à la demande des 15 organisations syndicales du secondaire demandant le retrait de la réforme du collège, réforme qui est dans le secondaire la transposition de la réforme des rythmes scolaires du premier degré.



Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur Académique, mes respectueuses salutations.



Fabien Vasselin,

Secrétaire départemental du Snudi FO

cale




SPIP 2.1.26 [21262] habillé par le Snudi Fo