Réforme du collège : provocation de la ministre !
Publié; le 22 mai 2015 | snudi FO

Après le succès de la grève du 19 mai pour l'abandon de la réforme du collège qui a mobilisé plus de 50% des collègues,


le gouvernement, trafiquant une nouvelle fois les chiffres de grévistes, se lance dans la provocation ouverte vis à vis des enseignants, des élèves et de l'école Républicaine


Au lendemain d'une grève majoritaire dans les

collèges, le gouvernement publie le décret au Journal Officiel : une provocation !

Non, cette réforme, nous n'en voulons pas !


Les enseignants veulent défendre les disciplines et le caractère national de l’enseignement.




C’est un fait, en dépit de la campagne médiatique et du soutien forcené de l’UNSA et de la CFDT à la ministre, la grève était majoritaire dans les collèges mardi. Le gouvernement a donc choisi le passage en force en publiant la réforme du collège ce mercredi matin.

Cette décision est une véritable provocation.

Le gouvernement le sait : c'est inacceptable. Les personnels sont indignés.

Dans la grève et les manifestations les enseignants étaient unis pour demander, «le retrait de cette réforme fondée sur l’autonomie des établissements et la multiplication des hiérarchies intermédiaires sous l’autorité du chef d’établissement et la reprise de discussions sur de nouvelles bases pour la réussite de tous les élèves » comme le revendique la plateforme intersyndicale SNFOLC, SNETAA-FO, SNES-FSU, SNEPFSU, CGT, SNALC, SUD.


Lors de l'intersyndicale nationale du 2° degré qui se réunit daujourd'hui 21 mai, FORCE OUVRIÈRE proposera que tous les syndicats appellent ensemble à la tenue d'assemblées générales dans les collèges et les lycées pour décider de la suite, y compris la grève.



Dans le premier degré la question est posée : n'est-il pas temps par l'action commune d'abattre la loi de "refondation de l'école" pour obtenir le retrait des contre-réformes du collège et des rythmes scolaires qui poursuivent toutes deux le mêmes objectifs de territorialisation de l'école, de décentralisation des personnels et de remise en cause de notre statut de fonctionnaire d'Etat?


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Toute l’actualité (site FO-Hebdo) : mercredi 20 mai

Mobilisation réussie contre la réforme des collèges



L’heure était une nouvelle fois à la mobilisation ce 19 mai. Plus de 50% des enseignants des collèges ont répondu à l’appel à la grève de six de leurs organisations syndicales (sur huit), à commencer par FO (deuxième syndicat dans le secondaire), contre le projet de réforme du collège. Les personnels territoriaux étaient également dans l’action, à l’appel de FO et de quatre autres organisations syndicales, exigeant notamment l’abandon du projet de réforme territoriale (loi Notre) ainsi que le retrait du pacte de responsabilité et du plan de réduction des dépenses publiques.



Alors que de Berlin le président François Hollande s’évertuait encore à défendre le projet de réforme de la ministre de l’Education Najat Vallaud-Balkacem à l’occasion d’une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel, plus de 50% des enseignants des collèges étaient en grève et des dizaines de milliers manifestaient dans toute la France contre cette réforme.


Comme lors du 9 avril le Ministère a publié dès le matin, avant même l'ouverture des établissements (!), un taux de gréviste fictif de 27%, bien en dessous de la réalité. Une tentative désespérée de la Ministre pour tenter de nier son isolement, une manipulation relevée par tous, y compris pas ceux peu enclin pourtant à la critique envers ce gouvernement.


10 000 enseignants ont manifesté à Paris où des milliers de fonctionnaires territoriaux les ont rejoints avec leurs propres revendications contre l’austérité. Au rythme des économies annoncées pour satisfaire aux exigences de Bruxelles, la dotation globale de fonctionnement versée par l’État aux collectivités locales aura en effet diminué de 30% en 2017 par rapport à 2013.


La confédération FO était venue apporter son soutien en la présence de Michèle Biaggi, secrétaire confédérale, ainsi qu’une délégation de la FGF (Fédération générale des fonctionnaires).



Le projet de réforme conduit à réduire l’enseignement disciplinaire de près de 500 heures sur 4 ans


Le ministère a annoncé 27,61% de grévistes, mais en ne comptabilisant que les enseignants qui avaient cours à huit heures. « On peut accorder à la ministre le même crédit quand elle compte le nombre de grévistes que quand elle défend sa réforme en multipliant les confusions, les contrevérités et les mensonges » commente Hubert Raguin, secrétaire général de la Fédération FO de l’enseignement et de la formation professionnelle (FNEC-FP FO).


Le projet de réforme conduit à diminuer de près de 500 heures sur 4 ans (soit l’équivalent d’une demi-année de cours) les programmes nationaux d’enseignement disciplinaire au profit notamment de projets interdisciplinaires dont le contenu sera variable d’un collège à l’autre puisqu’il sera déterminé par chaque conseil d’administration des 5 000 établissements que compte le pays.



A ce sujet, la confédération FO rappelle : « il ne faut pas confondre la diversification interdisciplinaire avec la nécessité de développer le travail en groupes restreints dans le cadre des disciplines et programmes nationaux »



La réforme du collège « se fera » et entrera en vigueur comme prévu à la rentrée 2016 car « elle est indispensable », a déclaré la ministre ajoutant toutefois : « Je veux dire clairement à tous ceux qui ont fait grève ou pas (...) que je les entends et que je suis là pour lever chacune de (leurs) inquiétudes ». Elle a promis que « des garanties » pour une bonne mise en oeuvre de la réforme seraient introduites dans les textes d’application.


Le Premier ministre Manuel Valls s’est dit « confiant », et a insisté : « cette réforme va être mise en oeuvre comme c’était prévu, et le décret sera publié le plus rapidement possible ».



« Une mobilisation de salariés, avec leurs organisations syndicales, qui ne sont pas dupes des manipulations politiques »



Les organisations syndicales reçues au ministère en fin d’après-midi devraient se réunir dans les tout prochains jours pour décider de la suite à donner au mouvement.


Pour FO, explique Hubert Raguin, « la balle est dans le camp de la ministre. Elle dit avoir entendu. Que répond-elle aux salariés qui aujourd’hui ont fait grève et manifesté pour le retrait du projet de réforme comme l’exige l’appel intersyndical ? ». Il souligne : « Aujourd’hui c’était une mobilisation de salariés, avec leurs organisations syndicales, qui ne sont pas dupes des manipulations politiques de ceux qui hier appliquaient la même politique.



Hier sur RTL, l’ancien ministre Vincent Peillon, qui se revendique comme le père de cette réforme puisqu’elle découle de sa loi de refondation de l’école, rappelait en ces termes : « cette réforme est demandée par la gauche et la droite depuis des années ».


Les personnels, eux, résume Hubert Raguin, « veulent défendre les disciplines et le caractère national de l’enseignement ».

cale




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